On en parle peu. On en rit parfois, nerveusement. On s’en cache souvent. Et pourtant, la sexualité solo — la masturbation, l’auto-érotisme, le plaisir solitaire, la relation à son propre corps — fait partie intégrante de la vie sexuelle. Pour les célibataires comme pour les personnes en couple.
Ce n’est pas un sujet honteux. C’est un sujet humain.
Une pratique universelle, un tabou tenace
La masturbation est l’une des pratiques sexuelles les plus répandues au monde. Et l’une des moins assumées.
On hérite souvent de messages contradictoires. Des injonctions religieuses ou familiales qui ont associé le plaisir solitaire à la honte, au péché, à quelque chose de « sale ». Des représentations culturelles qui en font soit une blague, soit un aveu de solitude.
Spolier alerte : ça ne rend pas sourd …
Résultat : beaucoup de personnes pratiquent — et se sentent coupables. Ou n’osent pas — et se privent d’une forme de connaissance de soi précieuse.
Se connaître pour mieux se retrouver
La sexualité solo, c’est d’abord un espace d’exploration. Apprendre ce qui fait du bien. Ce qui éveille. Ce qui apaise. Sans la pression du regard de l’autre, sans avoir à performer, sans devoir expliquer.
C’est aussi un espace de reconnexion à soi. Particulièrement après une rupture, une maladie, une période de stress intense, ou simplement quand on s’est perdu(e) de vue.
En cabinet, je rencontre beaucoup de personnes — surtout des femmes — qui n’ont jamais vraiment exploré leur propre plaisir. Qui attendent que l’autre le fasse. Qui ne savent pas ce qu’elles aiment parce qu’elles ne se sont jamais donné la permission de chercher.
Sexualité solo et vie en couple : pas d’opposition
Une idée reçue tenace : se masturber quand on est en couple, c’est signe que quelque chose ne va pas. Que le partenaire ne suffit pas. Que c’est une trahison, presque.
Ce n’est pas vrai.
La sexualité solo et la sexualité partagée sont deux espaces différents. Complémentaires, pas concurrents. L’un n’efface pas l’autre. Se connaître soi-même rend souvent la relation plus riche — parce qu’on sait mieux ce dont on a besoin, et on peut le dire.
Là où ça devient problématique, c’est quand la sexualité solo remplace systématiquement la relation, ou quand elle est vécue dans la honte et le secret au point de créer de la distance. Mais ce n’est pas la norme — c’est un signal à explorer.
Quand la sexualité solo devient difficile
Certaines personnes n’arrivent pas à se donner du plaisir. Pas par manque d’envie — mais par blocage. La honte, les croyances héritées, un rapport au corps difficile, un vécu traumatique, ou un manque de connaissance … Tout cela peut rendre l’exploration solitaire impossible ou douloureuse.
D’autres se retrouvent dans une relation compulsive à la masturbation — plusieurs fois par jour, difficilement contrôlable, source de culpabilité. Ce n’est plus du plaisir, c’est une fuite. (On en parle dans l’article sur l’hypersexualité.)
Dans les deux cas, ce n’est pas une fatalité. C’est un espace de travail possible.
Se réconcilier avec son propre plaisir
Quelques pistes pour commencer ce chemin :
- Questionner ses croyances — d’où vient l’idée que c’est mal, sale, honteux, inutile ?
- Revenir au corps sans objectif — pas forcément l’orgasme. Juste le toucher, la sensation, la présence à soi.
- Se donner du temps et de l’espace — sans se presser, sans se juger
- En parler si besoin — à une sexothérapeute, dans un espace sans jugement
Le plaisir solitaire n’est pas un consolation prize. C’est une pratique de soin. Une façon de prendre soin de soi, de son corps, de son rapport à l’intime.
Quand consulter ?
Quand la honte est trop lourde. Quand le blocage persiste. Quand vous sentez que votre relation à votre propre plaisir mérite d’être regardée avec douceur.
En sexothérapie, on peut travailler sur tout ça — sans tabou, sans jugement, à votre rythme.
Parce que se réconcilier avec son propre plaisir, c’est aussi se réconcilier avec soi-même.
Sexothérapeute à Bastia et Furiani, je reçois aussi en visio partout en France 🌿
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