Il y a des corps qu’on cache. Des lumières qu’on éteint avant de se déshabiller. Des positions qu’on évite pour ne pas « se voir ». Des moments d’intimité traversés en retenant son souffle, trop occupé(e) à surveiller son ventre, ses cuisses, ses hanches.
L’image du corps dans la sexualité, c’est un sujet dont on parle peu. Et pourtant, il est là. Dans le cabinet, il revient presque à chaque séance.
Ce que le regard sur son corps fait à l’intime
Quand on n’aime pas son corps, on ne l’habite pas vraiment. On le surveille. On le juge. On le compare — à des images, à des souvenirs, à des idéaux souvent inaccessibles.
Et dans cet espace de surveillance permanente, le plaisir n’a plus beaucoup de place.
Ce n’est pas une question de poids, de taille ou d’âge. C’est une question de regard. Le regard qu’on pose sur soi. Celui qu’on imagine que l’autre pose sur nous. Et parfois, celui qu’on a intériorisé depuis l’enfance, sans même s’en rendre compte.
La honte du corps, un frein invisible
La honte corporelle agit en silence. Elle pousse à éviter l’intimité. À ne pas initier. À rester passive, à attendre que ça passe plutôt qu’à être vraiment présent(e).
Elle peut aussi créer une dissociation — ce sentiment d’être « à côté » de son corps pendant l’acte, comme spectateur(trice) de sa propre intimité. On observe, on évalue, on critique. On n’est plus là.
Ce mécanisme est très fréquent. Et très épuisant.
D’où vient cette relation difficile au corps ?
Elle se construit rarement du jour au lendemain. Elle s’installe progressivement, nourrie par :
- Les messages reçus dans l’enfance — remarques sur le poids, comparaisons, injonctions à « faire attention »
- Les images omniprésentes — corps retouchés, standardisés, présentés comme la norme
- Les expériences passées — un commentaire blessant d’un partenaire, une relation dans laquelle on s’est senti(e) peu désirable
- Les changements du corps — grossesse, maladie, vieillissement, cicatrices
Chaque histoire est différente. Mais la douleur, elle, se ressemble souvent.
Réapprendre à habiter son corps
Ce travail ne se fait pas du jour au lendemain. Mais il est possible.
Quelques pistes pour commencer :
- Revenir aux sensations plutôt qu’aux apparences — qu’est-ce que mon corps ressent, plutôt que comment il a l’air ?
- Ralentir — l’intimité précipitée laisse peu de place à la présence. Prendre le temps change tout.
- Parler à son partenaire — pas forcément de tout, mais de ce dont on a besoin pour se sentir en sécurité.
- Questionner ses croyances — d’où vient cette idée que mon corps n’est pas « assez » ?
Ce ne sont pas des solutions miracles. Ce sont des portes d’entrée vers quelque chose de plus doux.
Quand consulter ?
Quand l’image du corps prend trop de place dans votre vie intime. Quand elle vous empêche d’être là, vraiment. Quand elle crée de l’évitement, de la souffrance, de la distance avec votre partenaire ou avec vous-même.
En sexothérapie, on travaille sur ce lien entre le corps vécu et le corps désiré. Sans jugement. Avec beaucoup de douceur.
Parce que votre corps mérite d’être habité, pas surveillé.
Sexothérapeute à Bastia et Furiani, je reçois aussi en visio partout en France 🌿
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