Et si votre désir n’était pas en panne… mais simplement en mouvement ?
On parle souvent du désir comme s’il devait être stable.
Présent le matin, le soir, après une longue journée, malgré la fatigue, les règles, le stress, les enfants, le travail et les trois lessives qui attendent encore.
Comme si avoir moins envie signifiait forcément qu’il y avait un problème.
Mais le désir féminin n’est pas une ligne droite.
Il évolue. Il fluctue. Il change selon les périodes du cycle, l’état du corps, les hormones, la fatigue, la charge mentale, la relation à soi et la relation à l’autre.
Et parfois, il a simplement besoin qu’on arrête de lui mettre la pression.
Le désir n’est pas un interrupteur
Il n’existe pas un bouton « envie » qu’il suffirait d’allumer quand votre partenaire le souhaite.
Le désir peut être très présent à certains moments, puis beaucoup plus discret à d’autres.
Un jour, vous avez envie de tout dévorer.
Le lendemain, vous rêvez simplement d’un plaid, d’un silence absolu et que personne ne vous touche.
Et non, cela ne veut pas forcément dire que vous n’aimez plus votre partenaire.
Cela ne veut pas forcément dire que votre couple va mal.
Cela ne veut pas dire non plus que vous êtes « cassée ».
Votre désir peut simplement être influencé par ce que vous traversez.
Le cycle peut jouer un rôle
Chaque corps est différent et il n’existe pas de scénario universel. Mais certaines personnes remarquent des variations de désir au fil de leur cycle menstruel.
Pendant les règles
C’est la période de la femme « SAGE » : phase de reliance à ce qui dépasse, d’intuition et de tri pour ajuster, de vulnérabilité pour un temps de repli …
Certaines personnes ont davantage besoin de repos, de douceur et de calme.
D’autres ressentent au contraire une envie de proximité ou de sexualité.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réaction. Il y a simplement votre expérience à vous.
Après les règles
C’est la phase de la « PETITE FILLE » : phase d’expansion, de propulsion de l’énergie vers l’extérieur, de clarté, d’efficacité, d’audace et de pétillement.
Certaines personnes se sentent plus disponibles, plus légères, plus énergiques.
Le corps peut sembler plus confortable, l’humeur plus stable et le désir peut revenir progressivement.
C’est parfois le moment où l’on a davantage envie de bouger, de sortir, de séduire… ou simplement de retrouver des sensations agréables.
Autour de l’ovulation
C’est la phase de la « MERE » : phase d’ouverture vers l’extériereur, de rayonnement, d’accueil, d’assurance, de puissance et de générosité.
Certaines personnes ressentent une augmentation du désir, de la confiance ou de l’envie de contact.
Tout peut sembler plus intense : le regard sur soi, l’envie de plaire, l’attirance, la sensualité.
Même le livreur de pizza peut soudain avoir un charme inattendu.
Mais encore une fois, ce n’est pas une règle absolue. Certaines personnes ne ressentent aucune différence, et c’est parfaitement normal.
Avant les règles
C’est la phase de l’ENCHANTERESSE » : phase de retour de l’énergie vers l’intérieur, de créativité, d’exploratioj et d’adaptabilité.
La fatigue, l’irritabilité, les douleurs, les ballonnements ou la sensibilité émotionnelle peuvent prendre beaucoup de place.
Dans ces moments-là, le désir peut passer au second plan.
Et parfois, vous n’avez pas envie d’un rapport sexuel. Vous avez envie qu’on vous laisse tranquille, qu’on vous apporte quelque chose à manger et qu’on évite les conversations inutiles.
Ce n’est pas un rejet de l’autre.
C’est peut-être simplement un besoin de repos et de sécurité.
Mais les hormones ne sont pas les seules responsables
Il serait trop simple de tout mettre sur le dos du cycle.
Le désir est aussi influencé par :
- le stress ;
- la fatigue ;
- la charge mentale ;
- les difficultés financières ;
- le travail ;
- les enfants ;
- les tensions dans le couple ;
- l’image que l’on a de son corps ;
- les croyances reçues sur la sexualité ;
- une éducation marquée par la honte ou l’interdit ;
- certaines expériences douloureuses ;
- la contraception ;
- la grossesse ou le post-partum ;
- la périménopause et les changements hormonaux ;
- la douleur ou l’inconfort pendant les rapports.
Parfois, le corps n’a pas perdu son désir.
Il est simplement occupé à survivre à une période trop lourde.
Difficile d’avoir envie de sensualité quand votre cerveau est en train de calculer les factures, les rendez-vous, les courses et la liste des choses à ne surtout pas oublier.
Le désir spontané et le désir qui se réveille
On imagine souvent que le désir devrait arriver avant l’intimité.
D’abord l’envie.
Puis le rapprochement.
Puis le rapport.
Mais pour certaines personnes, le désir apparaît autrement.
Il peut se réveiller après un moment de tendresse, un massage, un baiser, une discussion intime ou simplement lorsqu’on se sent suffisamment détendu pour être disponible.
Ce n’est pas moins valable.
Le désir n’a pas toujours besoin d’être là dès le départ. Il peut parfois apparaître lorsque le corps se sent en confiance.
Attention toutefois : cela ne signifie jamais qu’il faut se forcer.
Il y a une différence entre laisser une possibilité au désir d’émerger et se contraindre à avoir un rapport que l’on ne souhaite pas.
Le consentement reste essentiel à chaque étape.
Arrêter de se comparer
Votre désir n’a pas besoin de ressembler à celui de votre partenaire.
Il n’a pas besoin de ressembler à celui de votre meilleure amie.
Il n’a pas besoin de ressembler à ce que vous voyez dans les films, les séries ou sur les réseaux sociaux.
Certaines personnes ont souvent envie de sexualité.
D’autres rarement.
Certaines aiment la spontanéité.
D’autres ont besoin de temps, de connexion et de sécurité.
Certaines ont un désir très lié à leur cycle.
D’autres ne remarquent aucune variation.
Toutes ces expériences peuvent être normales.
La vraie question n’est pas :
« Est-ce que je désire assez ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que je comprends mon fonctionnement ? Est-ce que je me respecte ? Est-ce que je souffre de cette situation ? »
Apprendre à lire son propre mode d’emploi
Vous pouvez commencer par observer votre corps sans chercher immédiatement à le corriger.
Pendant quelques semaines, notez simplement :
- votre niveau d’énergie ;
- votre humeur ;
- votre envie de contact ;
- votre niveau de stress ;
- les moments où vous vous sentez plus disponible ;
- les moments où vous avez besoin de calme ;
- les sensations présentes dans votre corps ;
- ce qui favorise ou bloque votre désir.
L’objectif n’est pas de vous enfermer dans un calendrier rigide.
L’objectif est de mieux vous comprendre.
Votre cycle n’est pas une nouvelle règle à respecter.
C’est une information parmi d’autres.
Et dans le couple ?
La communication peut éviter beaucoup de malentendus.
Dire :
« Aujourd’hui, je suis fatiguée, ce n’est pas contre toi. »
Ou :
« J’ai besoin qu’on commence doucement. »
Ou encore :
« Je n’ai pas envie d’un rapport, mais j’ai envie d’un câlin. »
Cela permet à l’autre de comprendre que votre absence de désir n’est pas forcément une absence d’amour.
Votre partenaire n’a pas besoin de deviner.
Et vous n’avez pas besoin de vous forcer à être disponible pour rassurer l’autre.
L’intimité peut prendre plusieurs formes : parler, se toucher, se câliner, rire, dormir ensemble, prendre soin l’un de l’autre.
La sexualité ne se résume pas à la pénétration ni à l’orgasme.
Vous n’êtes pas cassée
Votre désir peut changer.
Votre corps peut changer.
Votre rapport à la sexualité peut changer.
Ce qui vous plaisait il y a cinq ans ne vous correspond peut-être plus aujourd’hui.
Et ce qui ne vous attirait pas hier peut devenir intéressant demain.
La sexualité n’est pas un examen à réussir.
Ce n’est pas une performance à maintenir.
C’est un espace vivant, qui évolue avec votre histoire, votre corps et votre vie.
Si votre baisse de désir vous fait souffrir, si elle crée des tensions dans votre couple ou si elle s’accompagne de douleurs, de honte ou d’un profond mal-être, vous n’avez pas à rester seule avec vos questions.
En sexothérapie, on peut prendre le temps de comprendre ce qui se joue : le corps, les hormones, la fatigue, les croyances, la relation, les émotions et tout ce qui influence votre intimité.
Pas pour vous obliger à avoir plus envie.
Mais pour vous aider à retrouver une relation plus douce, plus libre et plus juste avec votre désir.
Votre désir n’est pas défaillant. Il essaie peut-être simplement de vous parler.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical ou un accompagnement personnalisé.
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